Bonjour, et bienvenue. Je suis Geneviève Lacombe, née en 1961 à Bonnieux, au pied du Luberon. Pendant trente-cinq ans, j’ai tenu la pépinière Les Roses de Marthe, du nom de ma grand-mère, qui m’a tout appris du jardin avant même que je sache lire. Ce site est ma manière de continuer à transmettre, depuis le carnet de notes qui ne me quitte jamais.
Le jardin, avant les mots
Marthe — ma grand-mère — vivait dans une maison de pierre à la sortie du village, avec un potager qui débordait sur le sentier et un poulailler bruyant comme une foire d’été. Tous les jeudis après l’école, j’allais l’aider. Elle ne donnait jamais de leçons ; elle me tendait simplement un sécateur ou une bêche, et nous travaillions en silence pendant que les abeilles bourdonnaient autour des cosmos. C’est elle qui m’a fait comprendre qu’on ne commande pas à un jardin : on l’écoute, et il consent.
À vingt-trois ans, après une formation à l’École nationale supérieure d’horticulture, j’ai repris une petite parcelle attenante à la propriété familiale et j’y ai planté mes premiers rosiers anciens. Mme Hardy, Pierre de Ronsard, Madame Isaac Pereire… des noms qui sonnent comme des invitations à un bal. La pépinière est née ainsi, presque sans que je le décide. On venait me voir pour les roses, et on repartait avec des conseils sur les pivoines, les iris, le compostage des tailles de figuier. Le bouche-à-oreille a fait le reste.
Les Roses de Marthe — trente-cinq saisons
J’ai fermé la pépinière en 2019, à cinquante-huit ans. Mes genoux n’aimaient plus les longs après-midis à genoux dans la terre humide, et je voulais avoir le temps d’écrire, de cuisiner, de recevoir mes nièces et leurs enfants pour la cueillette des cerises. Au fil de ces trois décennies, j’ai été membre de la Société Nationale d’Horticulture de France, j’ai donné quelques conférences à Aix et à Avignon, et surtout j’ai eu la chance de correspondre avec des jardiniers du Piémont, du Valais, de Toscane, de la vallée du Rhône — des gens qui m’ont autant appris que je ne leur ai jamais rendu.
Jean-Pierre, et la biodynamie
J’ai partagé la vie de Jean-Pierre pendant trente et un ans. Vigneron biodynamique sur les coteaux du Ventoux, il avait cette patience étrange des gens qui regardent le ciel matin et soir. Il est parti en mars 2022, brutalement, un AVC un dimanche matin alors qu’il taillait les pieds de la parcelle du nord. Je continue à entretenir ses vignes avec un voisin ; je vendange un peu chaque automne, juste assez pour les amis. Le rosé de la cuvée 2024 a un goût qui lui ressemble — légèrement épicé, un peu obstiné, beaucoup tendre.
C’est grâce à lui que j’ai appris à respecter les rythmes lunaires au jardin. Je ne suis pas une mystique ; je suis une femme qui a observé pendant trente ans, et qui a vu que mes semis de salade levaient mieux en lune montante. Vous pouvez en penser ce que vous voulez — je n’ai rien à vendre, et tout à partager.
Pistou, et les petits plaisirs
Aujourd’hui, je vis seule dans la maison de Bonnieux, avec un chat tigré nommé Pistou qui croit fermement que le jardin lui appartient. J’écris ces articles tôt le matin, en buvant un café noir, avant que la chaleur ne monte. J’ai des marottes que je vous demanderai d’excuser : un faible pour le rosé tavel bien frais, une passion immodérée pour les fromages de chèvre du Piémont (le Robiola di Roccaverano est ma faiblesse), et un goût pour les chocolats noirs valaisans qui n’a fait que s’aggraver depuis mes voyages à Sion.
Ce que vous trouverez ici
Des conseils de saison, écrits comme je vous les donnerais en personne, à la table de la cuisine. Des fiches sur les plantes que j’aime — roses anciennes, lavandes oubliées, herbes aromatiques, légumes du potager provençal. Des astuces glanées au fil des décennies : la bonne distance pour planter un olivier, le moment précis pour rabattre les hortensias, le secret d’une bouture de figuier qui prend à tous les coups. Et, parfois, une recette ou un souvenir de voyage qui n’a presque rien à voir avec le jardin, mais qui me fait plaisir à raconter.
Si mes mots vous accompagnent un peu dans votre propre jardin, j’en serai heureuse. Et si vous voulez recevoir une lettre par mois, glissée dans votre boîte comme une carte postale, vous pouvez vous inscrire à ma lettre du jardin. Je vous y attends.
Geneviève — Bonnieux, Luberon